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 Retomber en enfance au Musée d'Allard (St Etienne)

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cewamale
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MessageSujet: Retomber en enfance au Musée d'Allard (St Etienne)   Mar 2 Oct - 5:47

    D’abord sur Jean-baptise d’Allard. Ce gentilhomme du XIXe siècle, passionné par les sciences naturelles, fut pour la vieille cité comtale un véritable bienfaiteur. Il lui a donné en effet un jardin où il fait toujours bon marcher à l’ombre des grands arbres et des statues vénérables, une avenue percée sur sa propriété en 1857, la Maison d’enfants (ex-Providence) ainsi que le Musée qu’il fonda en 1812 pour présenter ses collections à ses compatriotes.



    Un autre nom célèbre du savoir-faire forézien est indissociable du Musée et c’est avec lui que commence notre visite au rez-de-chaussée : Celui des jouets Gégé. La Maison GG (Gégé) fut fondée en 1934 à Moingt par Germain Giroud. A l’origine, cinq personnes fabriquaient des poupées de salon. La réussite de la petite entreprise fut exceptionnelle : 40 ouvriers en 1940, 100 en 1944, 800 en 1958. A partir des années 50, avec l’arrivée de la technique de l’injection des matières plastiques, Gégé diversifia son offre de jouets : dinettes, jouets mécaniques, modèles réduits, puis, voitures électriques, poupées marcheuses, petits trains... Et les récompenses s’accumulèrent : oscar du jouet de garçons, oscar de la poupée, coupe d’or du bon goût français, un an après que le prix ait été décerné au paquebot France ! Dans les années 60-70, Gégé était alors au sommet de sa gloire, après Saint-Clément-d’Ambert, l’entreprise essaime à Firminy et à Roche-la-Molière, crée des bureaux à Paris, s’expose partout en Europe, à Brighton, Bruxelles, Goteborg… Mais en 74, le choc pétrolier en même temps que la concurrence asiatique foudroient ce fleuron de l’industrie forézienne. En 1980, la maison Gégé qui fit de Montbrison la capitale mondiale du jouet ferma ses portes. Fin d’une très belle aventure.



    Une salle du Musée présente une superbe collection de trains-jouets de diverses marques, Gégé bien sur mais aussi Jouef, les géants Jep, LR et Hornbi, et les fameux GNB-Bing et autres Fleischmann allemands qui firent rêver des générations d’enfants. On apprend au passage que le fils de Napoléon III fut le premier matru à recevoir en cadeau un de ces trains-jouets qui font aujourd’hui les beaux jours des collectionneurs. De fabrication artisanale, puis mécanisée et en série à partir des années 1920, ces petits trains sont inspirés par l’histoire du chemin de fer réel (dont on sait le rôle que joua notre région dans son développement) avec parfois des différences notables. Ainsi le vert-wagon des trains réels fut souvent délaissé au profit d’un rouge rehaussé d’or, plus fantaisiste mais aussi plus vendeur.





    Le visiteur apprendra aussi, grace à des panneaux très complets, toute l’évolution des techniques de construction de ces petits trains, du fer blanc au plastique moulé. Il constatera enfin qu’aucun jouet au monde n’offre un tel environnement animé d’accessoires : passages à niveaux automatiques, feux de signalisation, gares peuplées de personnages divers, grues… Et il pourra dire avec le Musée que " les trains-jouets de cette exposition resteront à jamais des objets de collection. Aucune maquette actuelle d’une exactitude mathématique ne pourra jamais remplacer leur beauté ! " Avant de continuer notre visite, signalons aussi la présence dans cette même salle d’une maquette en noyer au 1/200ème du RMS Titanic. Réalisée par Paul Gay-Peiller, il n’y manque pas un seul hublot !





    On retrouve Mr d’Allard dans une autre salle, à travers sa riche collection d’oiseaux naturalisés. Les ornithologues, en herbe ou confirmés, y trouveront leur compte. Oserais-je avouer que je ne suis pas féru de ce genre d’exposition ? Oiseaux des lacs et des rivières, oiseaux communs de nos forêts et montagnes, oiseaux lointains des pays exotiques. Petits cacatoès à huppe jaune, paradisiers, buses, merles, grands-ducs… Insectivores, oiseaux de proie, ils sont des dizaines, figés pour l’éternité, en particulier ce rare pigeon migrateur américain, commun il y a moins d’un siècle, il a disparu de la surface de la terre, victime d’une épizootie. Il n’en reste que quelques exemplaires naturalisés, dont un au Musée d’Allard.

    On s’envole ensuite au sous-sol où trois expos temporaires de qualité nous attendent.




    Hélios masqué d'Olivier Ott, le soleil divinisé des anciens Grecs sur son quadrige


    D’abord les scènes animalières de Gilbert Houbre, artiste-enseignant formé aux beaux-Arts de Lyon. L’artiste nous offre à voir quelques-une de ses illustrations qui par leur précision sans défaut (anatomique) tendent vers le documentaire : la Lagune de Serin, par marée haute et marée basse, l’escargot, anatomie (1999), oiseaux préhistoriques, poissons antédiluviens, la pieuvre, anatomie, à la gouache… Une forme de vulgarisation scientifique dans la continuité de Dürer le précurseur et d’Audubon qui allia l’observation scientifique et le dessin.

    C’est ensuite le tour de François-Xavier Noir de donner des complexes à ceux qui comme moi ne savent pas tenir un crayon. Mais lui est un vrai gagat formé aux beaux-Arts de Sainté où il obtint cinq premiers prix. Peintre et dessinateur on lui doit notamment la décoration murale de l’immeuble Athéna II à Saint-Etienne (400 mètres-carré). L’artiste qui demeure aujourd’hui à Montbrison nous propose au musée une série d’aquarelles, croquis et dessins qui nous invitent à un voyage initiatique " au cœur de la pierre ".

    Si Houbre marie l’observation des corps avec l’illustration, et si Noir réalise l’alchimie de la matière et du dessin, on peut dire qu’ Olivier Ott fait de la scuplture de récupération et de la poésie (voire de la philosophie) un savant mélange, plus accessible à première-vue peut-être. Cet artiste " hors du temps " qui a lui aussi vécu longtemps à Saint-Etienne est un rêveur du métal qui révèle avec presque trois fois rien son bestiaire et sa faune singulière, son multivers et sa mélancolie des mystères. C’est à un voyage au cœur des contes et des mythes que son oeuvre nous convie. Vers " un temps où l’homme n’était qu’un élément du vaste monde. " Il faut voir les morceaux de métal s’imbriquer pour donner au bout du chemin, par exemple, sa Grenouille princesse, à la tête de robinet embouchée sur un bout de tuyau qui s’emboîte à la place du levier d’une pédale de bicyclette. Ou encore le grand cerf inquiet et sa ramure de fer, l’ ancêtre bison, la résurrection de Marsyas, Hélios masqué, Mélusine… Chaque sculpture est accompagné d’un descriptif qui touche juste. Ainsi celui qui légende A Théodore Monod, réalisée en 2003 en fer, en acier zingué et en aluminium : " Il disait : les trois grands monothéismes ont scandaleusement oublié dans leurs spéculations comme dans leurs pratiques le sort de l’animal. Prophètes coiffés d’un piège à taupe. Ainsi traversait-il le désert des religions sur son dromadaire porte-bagage, peinture courbée, feux arrières, grande arche d’alliance contre l’aridité de l’esprit. "


    Poupées indiennes d'Amérique du nord, troll scandinaves à cheveux de lichen...



    Les poupées régionales en habits traditionnels. En 1989, à l'occasion des Assises Nationales des groupes folkloriques de France, placées sous l'égide du groupe local Gergovia, une quarantaine d'entre elles, venant de toutes les Provinces furent offertes au Musée.


    Après la plaidoirie d’Ott pour l’homme-nature, nous nous dirigeons vers la collection qui fait, à elle seule, la réputation du Musée. Au passage, dans l’escalier saluons, via une crucifixion de l’Homme-Dieu, la mémoire du Révérend-Père Couturier, un peintre montbrisonnais qui a aussi exécuté la fresque de la chapelle de l’Institut Victor de Laprade. Cette collection, c’est bien sû celle des poupées de tout temps et de tous les pays. Nous la devons à Mme Martel, l’épouse du grand spéléologue Edouard Martel (1859-1938) qui, tandis que son époux pénétrait les entrailles de la terre, explorait les brocantes, les boutiques d’antiquité et les souks. Elle s’était fait une spécialité de collectionner les poupées. Elle s’ éteignit en 1953 au château de Saint-Thomas-la-Garde et ce sont ses nièces qui offrirent sa collection à la Ville de Montbrison. Les poupées ne furent cependant présentées au public pour la première fois qu’en mai 1967. Cette année, le Musée d’Allard devint l’un des seuls de France à pouvoir présenter une aussi riche collection, en même temps que les poupées Gégé faisait partout la réputation de la capitale du Forez.

    Les 600 poupées du Musée, c’est la garantie de l’ émerveillement devant la diversité et la richesse des cultures du monde. Charité bien ordonnée… ce sont d’abord deux petits paysans du Forez qui nous accueillent en costumes traditionnels. Ensuite ? Ensuite " gazelles " de bois nues africaines, poupées françaises " Mundia " en porcelaine aux habits de dentelles, mignonettes d’Allemagne, demoiselles danseuses de crémation en papier de Bali, poupées en chiffon du Mexique, poupées de sortilège percées d’aiguilles ou petites communiantes en habit blanc, petits bonhommes apaches à tête de pomme séchée, poupées traditionnelles de Cappadoce en tissu sur armature de bois, esquimaux en peau de phoque, matriochkas, tikis tahitiens, garçonnes cheveux courts et clope au bec, automates… Impossible de toutes les citer ! Notons quand même au passage la féminité très réaliste qui se dégage de certaines d'entre elles. C'est à se demander si elles étaient réservées aux seules jeunes filles !


    Poupée d'Ukraine




      Infos pratiques :


    Musée d’Allard, 13 bvd de la Préfecture, 42 600 Montbrison
    Téléphone : 04 77 96 39 15
    Ouvert tous les jours sauf mardi de 14H 30 à 18H 00. Pour les groupes tous les jours sur RDV.[/center]

    Source: forez-info.com

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MessageSujet: Re: Retomber en enfance au Musée d'Allard (St Etienne)   Mar 2 Oct - 6:03

vu merci
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sportbleu
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MessageSujet: Re: Retomber en enfance au Musée d'Allard (St Etienne)   Mar 2 Oct - 6:21

:super: vu
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MessageSujet: Re: Retomber en enfance au Musée d'Allard (St Etienne)   

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Retomber en enfance au Musée d'Allard (St Etienne)
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